Le 27 avril, date du décret d’abolition de l’esclavage en 1848, et à l’approche des temps de commémoration, à travers cet éditorial, l’association les Outre-Mer en Fête
(OMEF) réaffirme son engagement pour une mémoire, vivante et ancrée dans les
réalités de chaque territoire
Le 10 mai, Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, s’est imposé comme un repère dans le calendrier national.
Il marque une étape importante dans la reconnaissance de la traite négrière et de
l’esclavage comme crimes contre l’humanité, portée notamment par Christiane Taubira.
Cet acquis est essentiel. Il a permis de faire émerger dans l’espace public une réalité
historique longtemps ignorée.
Mais une question demeure : que signifie cette date aujourd’hui ?
Car une date, à elle seule, ne peut porter la complexité d’une histoire.
Elle ne peut résumer les luttes, les résistances et les conquêtes de liberté qui ont marqué les territoires.
Le 10 mai ne s’inscrit pas dans ces moments de lutte.
Il relève d’une reconnaissance institutionnelle, nécessaire, mais distincte des réalités
historiques propres à chaque territoire.
Or, chaque territoire porte ses propres repères, ses propres dates, ses propres
mémoires.
Des mémoires diverses, qu’aucune date unique ne peut pleinement contenir.
Réduire cette mémoire à une référence unique reviendrait à en atténuer la richesse, la diversité et la portée historique.
À cela s’ajoute une interrogation sur la cohérence.
La portée symbolique du 10 mai ne peut être dissociée des positions portées par la
France sur la scène internationale, notamment son abstention lors de votes à l’ONU
qualifiant la traite transatlantique des esclaves de « crime le plus grave contre
l’humanité », ce qui interroge la cohérence globale de cet engagement.
Il ne s’agit pas de remettre en cause cette date, mais d’en réaffirmer le sens.
Faire du 10 mai non pas une finalité, mais un point d’appui.
Un point d’appui pour reconnaître la diversité des mémoires, transmettre une histoire
fidèle et la faire connaitre de tous.
10 mai : reconnaissance de la traite négrière et de l’esclavage comme crimes contre l’humanité
Une mémoire ne se résume pas à une seule date.
- 22 mai : Martinique
- 27 mai : Guadeloupe
- 10 juin : Guyane
- 9 décembre : Mayotte
- 20 décembre : La Réunion
Une abolition, une histoire, une mémoire à conserver, à partager et à respecter.



